Schéma et projet

 

Le Princeton reverb année 1964 est un des amplis les plus recherchés. Il vaut en général très cher, trop cher, quand il est en bon état de conservation. Fender, la compagnie qui l'a conçu et commercialisé, a décidé de le reéditer. Le nouveau modèle repose  sur une électronique modernisée, utilisant toutefois et comme à l'époque une lampe rectifieuse, en lieu et place d'un pont de redressement à diodes silicon.

J'ai donc décidé d'en construire un de A à Z, en m'appuyant sur le schéma original et son layout que l'on trouve ici : http://midimachine.free.fr/Electronique/ampli_a_lampes/Fender_Amp/Princeton_DIY/princeton_rev_gz34_aa1164.pdf

Quand j'étais bloqué, notamment sur le câblage des jacks d'entrée, je me suis inspiré du câblage de mon princeton silverface nonverb de 1969 (photo ci dessous). Il m'a également été utile pour relever les dimensions du cabinet, afin de le reproduire au mieux.

Il me paraissait indispensable, en effet, pour un premier ampli à construire, de pouvoir m'appuyer sur l'observation d'un ampli que j'avais sous la main. J'ai, enfin, apporté quelques modifications, notamment l'intégration d'un pot de bias bien pratique pour la polarisation des deux lampes de puissance de l'ampli, des 6V6GT.

Je me suis fixé comme contrainte de fabriquer le clone le plus proche possible de l'original, tant au niveau du cabinet (bois, dimensions, assemblage...) que de l'électronique. Une chance pour moi : un membre du site projetG5.com, strat777, avait déjà fabriqué un clone de Princeton reverb blackface.

Je me suis grandement inspiré de son expérience. C'est même lui qui m'a vraiment décidé à me lancer dans l'aventure. Ses conseils m'ont été utiles, ceux des autres membres de projetG5 aussi, en particulier bozole et vitriol82. Le site de strat777 est ici : http://strat-7.jimdo.com Strat777 fait du très beau travail. Son post sur le princeton clone sur projetG5 est ici : http://www.projetg5.com/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=2706

Enfin, le point le plus important : une fois construit, ce clone de Princeton sonne génialement bien. Il est en effet désormais complètement terminé, réglages inclus.

Les mains dans le châssis

Les Préalables

Mieux vaut posséder les bons outils, avant de se lancer.

L'équipement indispensable se compose d'un fer à souder d'une puissance de 50W, avec si possible température de chauffe réglable. Pour la part, j'utilise une station de soudage Weller. Autres outils : un multimètre tolérant si possible 700V ou plus en courant alternatif, une pince coupante, une pince à bec long, le tout avec poignée isolante, un jeu de clés plates complet, une pompe à dessouder (toujours utile pour refaire des soudures qui ne vous satisfont pas), un set de tournevis, une perceuse (très important) avec un jeu de forets pour l'acier en vue de percer le châssis, un emporte-pièce (si vous prévoyez de créer vous-même les logements des sockets de lampes), limes à métaux. Une lampe loupe d'électronicien est un plus qu'il ne faut pas négliger, surtout pour le check des soudures.

Une fois la boîte à outils constituée et les pièces toutes rassemblées, c'est le moment de s'y mettre.

=> Conseil : surtout ne jamais se presser ou même s'imposer un timing. C'est le meilleur moyen de se planter. Fabriquer un ampli, ce n'est pas un marathon. Une erreur dans le montage peut être fatale. Gardez cela à l'esprit, tout le temps ! Bref, s'obliger à avancer lentement, en checkant à chaque fois tout ce que l'on vient de faire avec le buzzer de continuité de son multimètre. En comparant au layout, puis au schéma. Pour ma part, je revérifie, en plus, systématiquement les valeurs des résistances que je m'apprête à installer. Idem pour les condensateurs. On ne sait jamais. Même en prenant ces précautions, je me suis quand même trompé de valeur sur un condo. Heureusement, je m'en suis rendu compte avant de brancher le châssis au secteur.

L'ordre des opérations

J'ai commencé par installer les sockets de lampe et les transfos. Je me suis ensuite attaché à monter les composants sur la plaque à oeillets, toujours en jetant un oeil sur le travail de strat777, Jérôme de son prénom.

Pour les soudures sur la plaque, chauffer de préférence le rebord de l'oeillet, plutôt que les pattes des composants. Comme la soudure doit bien se répandre sur l'oeillet, il vaut mieux ne pas faire chauffer abusivement le composant...

Câblages

Cela étant fait, je me suis attaqué au câblage des lampes, des transfos et des fiches jacks, RCA, ainsi que de l'alimentation... C'est sans contexte l'un des points les plus sensibles d'un ampli à lampes.

=> Conseil : il est donc impératif d'utiliser des produits très sérieux : câbles silicone 0,75mm  au moins, tolérant 600V ; câbles teflon de même tolérance avec des sections de plus gros diamètre si nécessaire (1mm). Pour les câbles de masse, il est conseillé de prendre un diamètre plus gros encore. Pour ma part, je l'ai appris trop tard. J'ai donc placé du 0,75 mm presque partout.

Retour au montage. Ainsi, après avoir checké au buzzer la totalité des liaisons entre les lampes, les transfos, les fiches et les composants électroniques, j'ai entamé l'autre côté (partie potards), sachant que l'étage préamp (tout à droite de la plaque, près des entrées guitare) doit être connecté en câbles blindés, pour préserver le plus possible le signal des éventuels parasites.

Le blindage répond à une règle bien précise : un seul côté du fil de blindage doit être pluggé à la masse, jamais les deux, sinon gare à la boucle de masse, le cauchemar des électroniciens !

Autre régle à suivre : les câbles acheminant du courant alternatif doivent être torsadés entre eux, afin d'annuler leurs champs magnétiques respectifs, champs magnétiques de nature à générer des bruits parasites. La torsade ne se réduit pas à un fil qui s'enroule autour de l'autre. Car ce la est inefficace. Il faut que les deux fils s'entrecroisent réellement.

En outre, une fois tout le câblage placé, une règle s'impose quand des câbles passent l'un sur l'autre : les croiser perpendiculairement si possible, donc en donnant une forme de croix.

Le câblage de la masse

Ce point mérite un livre. Il en existe d'ailleurs des tonnes sur le sujet. Pour le Princeton, toutefois, ce point est moins sensible. Car ce n'est pas un ampli hi gain.

Les transfos

Le transfo d'alimentation (PT) est un Mercury Magnetics ToneClone :

Mesures à vide (c'est-à-dire les enroulements du secondaire pluggés à rien avec prise murale délivrant du 232V :

Primaire placé sur 230V : HT 759V ; alim 6,3V : 1ere extrêmité-center tap 3,56V ; 2eme extrêmité-center tap 3,61V. 

Primaire placé sur 240V : HT 723V

Relevés une fois l'électronique entièrement installée: .

 Le bias, mes mesures de chaque 6V6GT, selon réglage actuel : l'une 24mA, l'autre 23mA avec des tubes RCA, depuis remplacés par des JJ 6V6GT (même bias).

Comment mesurer le bias. 1ere méthode :

bozole : "Une petite astuce pour mesurer ton courant de repos, en ne mesurant que ton courant d'anode : tu mesures la résistance DC ampli éteint d'un demi enroulement du primaire du transfo de sortie, tu allumes l'ampli, tu mesures la tension aux bornes de ce demi enroulement, et ensuite par calcul tu détermines le courant d'anode (Udemi enroulement / Rdemi enroulement = Ia"

bozole : "La résistance DC de chaque demi enroulement, c'est la résistance qu'on mesure au multimètre sur le plus petit calibre (généralement calibre 200 ohms). On doit trouver des valeurs inférieures à 150 ohms."

Demi-enroulements OT Mercury : entre câbles rouge et brun 109,6 ohms ; entre rouge et bleu 136,2 ohms, résistance DC des demi enroulements de l'OT, câble rouge (celui du milieu de l'OT) déconnecté du circuit, lampes de puissance (6v6) retirées et ampli éteint. Après avoir ressoudéle câble rouge de l'OT, replacé les 6v6, mesure des tensions sur chacun des demi-enroulements, ampli allumé :

Avec pot de bias : régler d'abord le potard de façon à avoir une tension de bias la plus négative possible, allumer l'ampli et mesurer le bias, puis en direct agir sur le potard pour obtenir dans les 24mA par exemple, une bonne base de départ

2eme méthode