Les mains dans le châssis

 


Les Préalables

Mieux vaut posséder les bons outils, avant de se lancer.

L'équipement indispensable :

Un fer à souder d'une puissance de 50W, avec si possible température de chauffe réglable. J'utilise une station de soudage Weller. Pour la soudure : 60 % étain, 40% plomb pour ma part. Certains utilisent de la soudure intégrant un pourcentage d'argent, afin d'améliorer la qualité du signal. 

Un multimètre tolérant si possible 700V ou plus en courant alternatif,

Une pince coupante, une pince à bec plat, le tout avec poignée isolante, un jeu de clés plates complet, une pompe à dessouder (toujours utile pour refaire des soudures qui ne vous satisfont pas), un set de tournevis, un cutter, une perceuse (très important) avec un jeu de forets pour l'acier en vue de percer le châssis, un emporte-pièce (si vous prévoyez de créer vous-même les logements des sockets de lampes), limes à métaux. Une lampe loupe d'électronicien est un plus qu'il ne faut pas négliger, surtout pour le check des soudures.

Choix des composants

S'agissant des résistances, j'ai choisi pour la plupart d'entre elles des agglomérées (carbon composition en anglais). Elles produisent plus de souffle, dit-on, mais elles procurent un son particulièrement recherché, très chaleureux, évidemment sur les amplis typés vintage. Faire attention néanmoins à ce qu'elles ne chauffent pas trop. Il est donc nécessaire qu'elles soient capables de dissiper beaucoup de chaleur. Elles doivent donc être puissantes (0,5W ou 1W dissipé sur un princeton. Il n'est cependant pas inutile de les surdimensionner, pour limiter le souffle dû à la chauffe. Pour ma part, certaines résistances carbone composition ont été remplacées par des résistances métal oxyde ou céramiques de puissance 5W. J'ai également remplacé une résistances céramique par deux carbone composition de même valeur et de 1W mises en parallèle. Objectif : augmenter la puissance à 2W. Cette technique est très employée dans les amplis à lampes. En hifi haut de gamme notamment. On l'appelle le "derating", pour les connaisseurs. Voici un lien pour vous en expliquer le détail : http://optimisetonampli.chez-alice.fr/passif.htm

Quant aux condensateurs, j'ai pris des Orange drop, des K409-Y russes en papier huilé et, en électrolytiques, des sprague.

Une fois la boîte à outils constituée et les pièces rassemblées, c'est le moment de s'y mettre. Après avoir toutefois vérifié qu'il ne manque rien.

L'ordre des opérations

J'ai commencé par installer les sockets de lampe et les transfos. Je me suis ensuite attaché à monter les composants sur la plaque à oeillets, toujours en jetant un oeil sur le travail de strat777, Jérôme de son prénom.

Pour les soudures sur la plaque, chauffer de préférence le rebord de l'oeillet, plutôt que les pattes des composants. Comme la soudure doit bien se répandre sur l'oeillet, il vaut mieux ne pas faire chauffer le composant à outrance... D'autant que c'est difficile à éviter.

=> Une difficulté inattendue: réussir à placer les pattes des composants dans les oeillets appelés à les accueillir, quand elles sont nombreuses.

=> Conseil : surtout ne jamais se presser ou même s'imposer un timing. C'est le meilleur moyen de se planter. Fabriquer un ampli, ce n'est pas un marathon. Une erreur dans le montage peut être fatale. Gardez cela à l'esprit, tout le temps ! Bref, s'obliger à avancer lentement, en checkant à chaque fois tout ce que l'on vient de faire avec le buzzer de continuité de son multimètre. En comparant au layout, puis au schéma. Pour ma part, je revérifie, en plus, systématiquement les valeurs des résistances que je m'apprête à installer. Idem pour les condensateurs. On ne sait jamais. Même en prenant ces précautions, je me suis quand même trompé de valeur sur un condo. Heureusement, je m'en suis rendu compte avant de brancher le châssis au secteur.

Câblages

Cela étant fait, je me suis attaqué au câblage des lampes, des transfos et des fiches jacks, RCA, ainsi que de l'alimentation... C'est sans contexte l'un des points les plus sensibles d'un ampli à lampes.

=> Conseil : il est donc impératif d'utiliser des câbles de bonne facture : câbles silicone 0,75mm  au moins, tolérant 600V ; câbles teflon de même tolérance avec des sections de plus gros diamètre si nécessaire (1mm). Pour les câbles de masse, il est conseillé de prendre beaucoup plus gros. Pour ma part, je n'ai placé que du 0,75 mm presque partout sur le chemin de la masse.

Retour au montage. Ainsi, après avoir checké au buzzer la totalité des liaisons entre les lampes, les transfos, les fiches et les composants électroniques, j'ai entamé l'autre côté (partie potards), sachant que l'étage préamp (tout à droite de la plaque, près des entrées guitare) doit être connecté en câbles blindés, pour préserver le plus possible le signal des parasites électro-magnétiques.

Le blindage répond à une règle bien précise : un seul côté du fil de blindage doit être soudé à la masse, jamais les deux, sinon gare à la boucle de masse. Corrigez-moi si je me trompe.

Autre régle à suivre : les câbles acheminant du courant alternatif doivent être torsadés entre eux, afin d'annuler leurs champs magnétiques respectifs, champs magnétiques de nature à générer des bruits parasites. La torsade ne se réduit pas à un fil qui s'enroule autour de l'autre. C'est inefficace. Il faut que les deux fils s'entrelacent réellement.

En outre, quand on n'a pas d'autre choix que de croiser deux câbles, il est impératif qu'ils se croisent perpendiculairement, formant une croix.

Le câblage de la masse

Ce point mérite un livre. D'ailleurs, il en existe des tonnes sur le sujet. Voici le lien d'un excellent article d'Elex qui récapitule ce qu'il faut faire dans un ampli à lampes : http://78.229.172.208/ELEX/ARTICLES_DISPO/1991-01-La-ronfle.pdf

Quant au point de masse unique, on peut aussi en discuter longuement. Certains disent qu'il ne faut surtout pas utiliser le châssis comme conducteur de masse. Le princeton est moins capricieux à ce niveau-là. Ce n'est pas un ampli hi gain. Je n'ai isolé en fait que les jacks d'entrée de la guitare avec du ruban teflon, placé sur leur filetage, histoire d'éviter le contact avec le châssis. Tous les autres fiches (jacks, potentiomètres, RCA) sont directement en contact avec le châssis, sans aucun isolant. 

L'alimentation électrique

Le transfo d'alimentation (PT) Mercury Magnetics ToneClone :

Mesures à vide (c'est-à-dire les enroulements du secondaire pluggés à rien avec prise murale délivrant du 232V :

=> Primaire placé sur 230V : HT 380 V  sur chaque câble secondaire; alim 6,3V : 1ere extrêmité-center tap 3,56V ; 2eme extrêmité-center tap 3,61V. 

Primaire placé sur 240V : HT 360 V sur chaque câble secondaire.

Relevés une fois l'électronique entièrement installée: 357V  sur chacun des secondaires.

Sortie rectifieuse 5U4G, toutes les lampes installées : 394V.

A signaler ici que le secondaire 5V du transformateur Mercury Magnetics peut accepter 4A à 5A, selon son fabricant. Une parenthèse utile puisqu'une 5U4G consomme beaucoup plus qu'une GZ34 : 3A contre 1,9A. Voici ce que m'a écrit Paul Patronete de Mercury Magnetics : "The 5V winding can easily handle 4A and you can go to 5A if necessary."

RCA 6V6GT : 390V vers l'anode. Le bias sur chaque 6V6GT, selon réglage actuel (1er juin 2010) : l'une 24mA, l'autre 22mA.

Comment mesurer le bias

1ere méthode

Cette méthode est livrée par bozole, un membre du site projetG5.com. Voilà ce qu'il écrit : Une petite astuce pour mesurer ton courant de repos, en ne mesurant que ton courant d'anode : tu mesures la résistance DC ampli éteint d'un demi enroulement du primaire du transfo de sortie, tu allumes l'ampli, tu mesures la tension aux bornes de ce demi enroulement, et ensuite par calcul tu détermines le courant d'anode (Udemi enroulement / Rdemi enroulement = Ia. Il ajoute : La résistance DC de chaque demi enroulement, c'est la résistance qu'on mesure au multimètre sur le plus petit calibre (généralement calibre 200 ohms). On doit trouver des valeurs inférieures à 150 ohms.

En pratique, cela nécessite de mesurer la résistance de chaque demi-enroulement. Pour cela, il faut dessouder le point milieu du transfo de sortie, ampli éteint évidemment et 6V6 retirées de leur socket. Sur l'OT Mercury, cela donne : entre câbles rouge et brun 109,6 ohms ; entre rouge et bleu 136,2 ohms,

Après avoir ressoudé le point milieu de l'OT, replacé les 6v6, il faut alors mesurer la tension sur chacun des demi-enroulements, ampli allumé. Mais avant, il est prudent de régler le potard de façon à avoir une tension de bias la plus négative possible, puis allumer l'ampli et mesurer le bias. Enfin, agir en direct sur le potard de bias pour obtenir dans les 22 à 25mA , une bonne base de départ

2eme méthode

Placer une résistance de 1 ohm 1% 1W entre la cathode de chaque 6V6 et la masse. Puis relever la tension entre la cathode et la masse. Sachant que U=R x I, selon la célèbre loi d'ohm. Ainsi, U= 1ohm x I, donc U=I, ce qui donne le courant de bias. Car U= tension=voltage, I=ampère=courant, R est la valeur de la résistance. Cette méthode est la plus simple et la plus rapide. Car, une fois la R 1 ohm installée, il n'y a plus qu'à mesurer. Pas de câble à dessouder. Elle est d'ailleurs très utilisée sur les amplis home made.

Relevés de tensions

Une fois l'ampli complètement monté, il est bon de relever les tensions pour les comparer au schéma original, sachant qu'une tolérance de 20% est admise et indiquée sur le schéma lui-même. Le but étant de voir si l'ampli fonctionne dans la bonne plage de service. Ce qui garantit la longévité des composants.

Je ne vais pas redonner ici le lien vers le schéma original. Vous le retrouverez sur les précédents billets consacrés au Princeton. Je donne simplement les voltages relevés sur mon clone qui entrent dans la tolérance des 20% :

Les images du chassis après les modifs

Avec le nouveau HP, un Weber 10F150T :

Weber_10F150T_princeton_bpier.JPG